Vous êtes ici : accueil

Le Tai-chi-chuanou la « boxe de l’immortalité »


Vous connaissez sans aucun doute le taï-chi-chuan, cette discipline que vous avez dû voir pratiquer par des personnes vêtues de kimonos blancs, sur le toit d’un immeuble ou dans un parc, effectuant de lents mouvements des bras et des jambes dans le vide, comme s’ils affrontaient un ennemi commun invisible…

Le taï-chi-chuan, né en Chine il y a plus de 700 ans, est en fait un art martial chinois interne, c’est-à-dire qui permet de développer l’énergie vitale, le Qi, présente en chaque être-humain. Apparenté à de la gymnastique douce, il se caractérise par un travail corporel lent liant le corps à l’esprit. Ses mouvements ont été créés et travaillés par des moines guerriers taoïstes et ont une connotation martiale et énergétique.

Littéralement, le tai-chi signifie la « boxe de l’immortalité », un principe cher au taoïsme, ou alors la « boxe avec l’ombre » car il s’agit de combattre un adversaire imaginaire. D’un apprentissage complexe, cette pratique est pourtant accessible à tous de par ses atouts tant pour le corps que pour l’esprit. A pratiquer sans modération donc !



La pratique et les principes du tai-chi

Le taï-chi-chuan se pratique principalement à mains nues même si l’on peut également utiliser certains objets tels que l’éventail, le poignard, l’épée, le bâton ou le sabre. Dans tous les cas, il permet le développement d’une force souple et dynamique nommée jing et s’opposant à la force physique pure. Le relâchement, appelé song, y est aussi très important puisqu’il rend possible la fluidité et la coordination des mouvements. De cette façon, les muscles sont utilisés de façon coordonnée.

La force caractéristique du tai-chi est le peng jing, une force interne consistant à relier chaque partie du corps entre elles. Quand les coups sont donnés, l’énergie est concentrée dans le dantian (un point d’énergie, plus connu sous le nom de chakra), en-dessous du nombril. Cette même énergie est ensuite libérée lors du relâchement, c’est ce qu’on appelle le jaillissement de la force élaborée ou fajing.

Enfin, cette pratique insiste sur l’importance de l’enracinement, c’est-à-dire que l’énergie doit partir des racines, les pieds, pour atteindre les parties du corps qui donneront le coup. Pour sentir les mouvements de l’énergie vitale qui parcourent le corps, il faut réaliser des gestes lents. En réalité, les centaines de mouvements qui existent dans le tai-chi trouvent tous leur origine dans le Qi.



Les différents styles de tai-chi

Plusieurs styles distincts existent dans cette discipline. Ici, nous citerons les trois principaux :
- le style Chen : il s’agit du plus ancien et de l’un des plus populaires dans le monde. Il se caractérise par des postures plus basses, « l’enroulement de soie » et des jaillissements explosifs. Il a été fondé au XVIIème siècle par Chen Wangting et a inspiré beaucoup d’autres styles.
le style Yang est certainement le plus connu. Créé par Yang Luchan au XIXème siècle, il se veut plus accessible au grand public puisque sa pratique est plus lente et sans force. Il n’a pas recours au fajing, ni aux sauts, ni même aux prises d’appui violentes. Les mouvements du tai-chi difficiles y sont simplifiés voire remplacés.
le style Wu a vu le jour au XIXème siècle grâce à Wu Chu’an-yu. Il se caractérise par des postures inclinées en avant et des mouvements d’ampleur moyenne.



Les effets et surtout les bienfaits du tai-chi

Vous l’aurez deviné, le taï-chi-chuan est une pratique qui réunit beaucoup d’avantages pour le corps autant que pour l’esprit. Tout d’abord, en ce qui concerne ses bienfaits physiques, le tai-chi fortifie le corps et développe l’équilibre et le calme. Il favorise aussi la souplesse et la tonicité. Il est très bon pour l’entretien des articulations et des capacités cardiaques et pulmonaires.

D’un point de vue spirituel, cette pratique est un anti stress efficace qui permet de soulager les troubles du sommeil et la nervosité. Elle permet de retrouver une véritable harmonie intérieure grâce au travail sur l’énergie interne. Ainsi, le tai-chi dégage un certain calme même si on y réalise beaucoup de gestes, c’est une sorte de « méditation en mouvement ». De plus, l’apprentissage de ces gestes permet de gagner en concentration et de travailler la mémoire.

Le taï-chi-chuan est donc un art de vivre plus qu’un sport permettant de lier le corps à l’esprit de façon harmonieuse et véhiculant une tranquillité apaisante, nécessaire dans notre société où nous vivons sans répit, à cent à l’heure…